Et si la matière pouvait parler ?
Ce projet explore une dimension souvent oubliée de notre perception : l’écoute. Dans une société dominée par l’image, ce projet remet l’ouïe au centre de l’expérience sensible et invite à “prêter attention” à une matière vivante, mouvante, presque intime.
Ce projet explore une dimension souvent oubliée de notre perception : l’écoute. Dans une société dominée par l’image, ce projet remet l’ouïe au centre de l’expérience sensible et invite à “prêter attention” à une matière vivante, mouvante, presque intime.
À partir d’enregistrements de mottes de terre plongées dans l’eau, le projet révèle une vibration inattendue. La terre ne devient plus seulement un matériau à façonner, mais un véritable médium sonore. Grâce à une fine membrane de barbotine renforcée par des fibres d’agave, chaque pièce agit comme une caisse de résonance capable de diffuser et d’amplifier le son.
La surface, extrêmement fine, se fissure intégralement lors du séchage. Pourtant, ces craquelures ne fragilisent pas l’objet : elles participent à son identité et à son imaginaire. Entre tension et équilibre, la matière semble à la fois solide et sur le point de disparaître. Cette esthétique de l’imperfection donne naissance à des formes presque irréelles, à l’opposé des représentations habituelles de la terre brute et massive.
Le dispositif sonore repose sur un vibreur acoustique — ou exciter — fixé directement sur la structure en terre. Les vibrations traversent alors la matière elle-même, transformant l’objet en enceinte organique. Le son n’est plus simplement diffusé : il émerge de la matière, comme si la terre trouvait enfin une voix.
À travers cette recherche expérimentale, le projet questionne notre rapport sensible aux matériaux et cherche à réactiver notre capacité d’émerveillement face à ce qui nous entoure depuis toujours.